30/05/2010

A ne jamais oublier...

L'adoption, c'est aussi ça, et il convient de ne jamais l'oublier:

Une perspective différente

Imaginez un moment…

Vous avez rencontré la personne dont vous avez rêvé toute votre vie. Il a toutes les qualités que vous recherchez chez un époux. Vous préparez le mariage, profitant de chaque moment avec votre fiancé. Vous aimez la façon dont il vous touche, son odeur, la manière dont il vous regarde dans les yeux. Pour la première fois dans votre vie, vous comprenez ce qu’on entend par « âme sœur », car cette personne vous comprend comme personne d’autre. Votre cœur bat au même rythme que le sien. Vos émotions sont intimement liées à chacune de ses joies, de ses peines.

Le mariage arrive. C’est une très belle fête, mais surtout vous êtes enfin devenue la femme de cet homme merveilleux. Vous vous endormez à ses côtés, épuisée par les festivités de la journée, mais détendue et heureuse de savoir que vous êtes à côté de la personne qui vous aime plus que quiconque au monde… la personne qui sera avec vous pour le restant de votre vie.

Le lendemain matin, vous vous réveillez, nichée dans les bras de votre partenaire. Vous ouvrez les yeux et tout de suite cherchez son visage. Mais ce n’est pas lui ! Vous êtes dans les bras d’un autre homme. Vous reculez d’effroi. Qui est cet homme ? Où est l’homme de votre vie ?

Vous posez des questions à ce nouvel homme, mais vous vous rendez compte rapidement qu’il ne vous comprend pas. Vous cherchez dans chaque pièce de la maison, en appelant partout votre mari. L’homme vous suit tout le temps, il essaye de vous embrasser, il vous caresse le dos… il essaye même de vous prendre le bras, comme si tout était normal. Votre aimé est parti. Où est-il ? Va-t-il revenir ? Quand ? Que lui est-il arrivé ?

Les semaines passent. Vous pleurez et pleurez encore la perte de votre amour. Parfois vous souffrez en silence, en état de choc après ce qui s’est passé. L’homme essaye de vous réconforter. Vous appréciez ses tentatives mais il ne parle pas votre langue – ni verbalement ni émotionnellement. Il n’a pas l’air de réaliser la terrible chose qui vous est arrivée… que l’homme de votre vie est parti.

Vous avez du mal à dormir. L’homme essaye de vous réconforter au moment du coucher, par des mots gentils et de douces caresses, mais vous l’évitez, vous préférez dormir seule, loin de lui et de ses mots ou contacts intimes. Des mois plus tard, vous attendez toujours votre amour, mais peu à peu vous apprenez à faire confiance à cet autre homme. Il a finalement appris que vous aimiez le café noir, et non avec du lait et du sucre. Et même si vous ne comprenez toujours pas ses berceuses, vous aimez le ton de sa voix, elle vous réconforte un peu.

Le temps passe. Un matin, vous vous réveillez et trouvez une valise à côté de la porte d’entrée. Vous lui posez des questions à ce sujet, mais il se contente de vous prendre par la main et de vous installer dans la voiture. Vous passez des heures et des heures dans cette voiture. Vous ne reconnaissez rien. Où êtes-vous ? Où vous emmène-t-il ? Vous arrivez dans un grand bâtiment. Il vous emmène dans un ascenseur jusqu’à une pièce remplie de gens. Beaucoup pleurent. D’autres sont complètement extatiques de joie. Vous êtes perdue. Et inquiète.

L’homme vous emmène dans un coin. Un autre homme ouvre ses bras et vous embrasse fiévreusement. Il vous frotte le dos et embrasse vos joues, apparemment fou de joie de vous voir. Vous êtes tout sauf folle de joie de le voir lui. Mais qui est-il ? Où est l’homme que vous aimez ? Vous vous tournez vers l’homme qui vous a amenée dans cet endroit mais il se contente de sourire (même s’il a les larmes aux yeux, ce qui vous inquiète), de vous tapoter le dos et de mettre votre main dans celle de ce nouvel homme. Le nouvel homme prend votre valise et vous mène vers la porte. Le visage familier fond en larmes en vous faisant de grands signes d’adieux tandis que les portes de l’ascenseur se ferment sur vous et cet homme.

L’homme vous emmène dans un aéroport et vous le suivez, ne sachant pas quoi faire d’autre. Parfois vous pleurez, mais alors l’homme essaye de vous faire sourire. Pour avoir la paix, vous lui faites aussi un petit sourire. Vous montez dans un avion. Le vol est long. Vous dormez beaucoup, en espérant ainsi pouvoir vous évader mentalement de cette situation.

Des heures plus tard, l’avion touche le sol. L’homme est très excité et vous conduit vers la sortie de l’aéroport où des dizaines de personnes sont là pour vous accueillir. Les flashes crépitent pendant qu’ils vous prennent en photo encore et encore. L’homme vous présente un autre homme qui vous embrasse. C’est qui lui ? Vous lui souriez. Puis vous êtes prise encore par un autre homme qui vous tape dans le dos et vous embrasse sur la joue. Et puis un autre vous embrasse très fort et secoue vos cheveux. Enfin, quelqu’un (qui est cet homme ?) vous prend dans ses bras et vous serre comme personne ne l’a jamais fait. Il vous embrasse sans cesse les joues et vous parle dans une langue que vous n’avez jamais entendue avant.

Il vous emmène dans une voiture et vous conduit dans un autre endroit. Ici tout est différent. Le climat n’est pas celui que vous connaissez. Les odeurs sont étranges. Rien ne goûte comme d’habitude, à part le café noir. Vous vous demandez si quelqu’un lui a dit que vous aimiez le café noir. Il vous est presque impossible de dormir. Parfois vous restez dans votre lit pendant des heures, contemplant l’obscurité, furieuse contre votre mari de vous avoir abandonnée, et en même temps souffrant de son absence. Le nouvel homme vient voir si vous dormez. Il a l’air inquiet et essaye de vous réconforter avec de douces paroles et une tasse de lait chaud. Vous vous retournez, prétendant vouloir dormir.

Des gens viennent dans la maison. Vous sentez l’anxiété vous envahir lorsque vous regardez les visages de toutes ces nouvelles personnes. Vous serrez plus fort la main de l’homme. Il vous pousse vers elles. Les gens sourient et s’émerveillent de la rapidité avec laquelle vous êtes tombés amoureux l’un de l’autre. Les étrangers vous touchent, ils veulent faire partie de ce bonheur. Chaque fois qu’un homme vous embrasse, vous vous demandez si c’est lui qui va vous emmener. Au cas où, vous gardez votre valise prête. Même si l’homme dans cette maison est gentil et que vous aspirez à une vie agréable, vos expériences vous ont appris que les hommes viennent et puis repartent, et vous attendez donc que le prochain vienne vous chercher.

Chaque matin, l’homme vous tend une tasse de café et vous regarde plein d’espoir.

De temps en temps, la douleur et la colère en pensant à votre mari sont si grandes que vous perdez le contrôle, vous lancez la tasse de café chaud à traves la pièce, blessant l’homme qui gémit de douleur. Il vous regarde, perdu. Mais la plupart du temps, vous vous contentez de prendre calmement la tasse. Vous lui souriez.

Et attendez. Et attendez. Et attendez.

 

Comment chacun d’entre nous gérerait-il tous ces changements ?

Comment tout ceci nous impacterait-il pour le restant de notre vie ?

 

Ecrit par Cynthia Hockman-Chupp, www.a4everfamily.org. Traduction Lechatpitre.

22:51 Écrit par Le Chat-Pitre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/05/2010

Chat ou Yakpitre ?

Que personne ne s'inquiète, nous n'avons pas décidé de faire une retraite bouddhiste au fond d'une grotte pendant trois ans et n'avons pas été mangés par les yaks ! Nous sommes bien rentrés avec seulement un jour de retard malgré les cendres volcaniques et le grand bazar aérien. Simplement la vie professionnelle nous a hapés illico presto et m'a laissé peu de temps pour mettre à jour ce blog.

Tout d'abord, quelques mots sur notre voyage au Népal, même si les mots sont bien difficiles à trouver, tellement c'était beau, grandiose, incroyable, dépaysant, merveilleux ! Nous avons commencé par deux semaines de treks dans le Langtang et les lacs de Gosainkund. Mon dos a bien résisté, et si le premier jour dans le bus local et ses huit heures de soubresauts et de cahotements m'a fait craindre le rapatriement illico, je n'en ai pas autrement souffert. En compagnie de Ram (notre guide) et Pemba (notre porteur), nous avons donc marché 13 jours, entre 1800 et 4650 mètres, dans deux splendides vallées, sous un merveilleux soleil et 20 cm de neige au réveil pour passer le col à 4650m, un véritable enchantement et un moment magique, poser les premiers pas dans la neige au petit matin avec vue sur toute la chaîne de l'Himalaya. De très grands souvenirs qui souvent nous ont pris à la gorge tellement la beauté de ces paysages nous dépasse. Nous avons aussi fait de belles rencontres sur le sentier, de toutes les nationalités. Nous allons mettre en ligne dans quelques temps un récit de nos aventures avec photo à l'appui, je mettrai le lien sur le blog, pour les personnes intéressées. Nous avons terminé le voyage par quelques jours à Kathmandu et Bakthapur. La dernière nous a laissé un meilleur souvenir que la première car Bakthapur est une ville interdite à la circulation et nous avons bien eu du mal à supporter la pollution et la circulation de Kathmandu après 13 jours sans voir une route et entendre un bruit mécanique.

Au retour, le jugement de notre prolongation d'aptitude nous attendait dans la boîte aux lettres. C'est donc officiel, nous sommes toujours aptes à l'adoption. Nos amis chinois n'ont pas énormément avancé en notre absence puisque seuls quatre jours ont été attribués. J'espère que ce mois-ci sera plus efficace, ce que beaucoup de sites ont l'air d'annoncer, mais prudence. J'ai parfois l'impression qu'il y a un lien secret entre mon projet professionnel - dont la mise en production n'arrête pas d'être reportée - et la conclusion de notre adoption. J'espère que les Chinois n'attendent pas la fin de mon projet pour nous attribuer un enfant, car j'ai bien peur que ça ne nous emmène encore loin :-) Enfin, il paraît que c'est le sprint final, mais vu ma condition physique légendaire, va pas falloir que je sprinte pendant six mois, car au rythme de cinquante heures par semaine et week-end compris, il va falloir que je reparte rapidement au Népal me recharger en globules rouges !

22:44 Écrit par Le Chat-Pitre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |